Vendredi 5 mai 2006
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22:00
Projet de loi tendant
À une révision constitutionnelle
Par : Secrétaire général de la L.E.R.
Étudiant Université des sciences juridiques
Alexis de Tocqueville à Douai (59 Nord)
Introduction :
L’article 3 de notre Constitution dispose que :
« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »
Les représentants, élus du peuple, doivent donc élaborer des lois qui soient celles que le peuple (dans sa majorité) désire se voir appliquer, les lois doivent donc être l’expression indirecte de la volonté des citoyens français.
S’agissant du référendum, il a été mis en place pour que le peuple puisse donner au législateur le droit de promulguer une loi ou bien de le lui refuser, ou encore pour ratifier un traité international qui aurait des incidences sur les institutions de la République. Le recours au référendum populaire est consacré par l’article 11 de notre Constitution qui dispose que :
« Le Président de la République, sur proposition du gouvernement pendant la durée des sessions ou sur propositions conjointes des deux Assemblée, publiées au Journal Officiel, peut soumettre à référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions. »
Le peuple n’a pu exprimer que trop rarement sa volonté sur les propositions de lois faites par le législateur. Depuis les années 1990, seuls trois référendums (1992 Traité de Maastricht, 2000 Mandat présidentiel rabaissé à 5 ans, 2005 Traité instituant une Constitution pour l’Europe) ont été organisés, un seul, en 2000, portait sur une loi interne, s’agissant de la révision Constitutionnelle portant sur la durée du mandat présidentiel.
De nombreuses lois ont été votées et promulguées, touchant à des domaines sensibles tels que la réforme des 35 heures par le gouvernement Jospin, la loi Fillon, sur la suppression des TPE (Travaux Personnels Encadrés), du gouvernement Raffarin, la même loi a suscité une réaction massive et régulière des lycéens (des classes de Première et de Terminale majoritairement) qui se font manifestées contre cette décision, en vain, adoption du texte en 2005. Dans le courant automnal 2005, le nouveau Premier Ministre, Dominique de Villepin évoque le projet de loi sur « l’égalité des chances » qui comprend la mise en place de deux nouveaux types de contrat à l’embauche pour faire face au chômage en France (Plus de 9,8 % de la population active) : le Contrat Première Embauche (pour les jeunes de moins de 26 ans) et le Contrat Nouvelle Embauche pour les autres salariés. Tous deux proposent que les salariés puissent être licenciés sans motifs durant la période d’essais ultra longue de deux ans. Là encore, le législateur se heurte à une vague sans fin de manifestation des jeunes, étudiants auxquels se sont joints aussi les salariés, les chômeurs et de nombreuses personnes âgées. Le CNE, déjà appliqué dans certaines entreprises partisanes de ce contrat, a déjà été rompu dans de nombreux cas par les salariés invoquant des conditions précaires de travail, et beaucoup de salariés ont aussi déposé des requêtes devant les Prud’hommes, mais le gouvernement, apprenant que les tribunaux des Prud'hommes avaient accordés aux salariés des indemnités de chômages a enfoncé le clou en signant un décret interdisant toute indemnisation lors d'une rupture du contrat émanant de la volonté de l'employeur, le travail est devenu dès cet instant plus archaïque qu'il devait l'être avec un tel contrat. alors marginalisé, à l'Assemblée Nationale pas moyen de faire passer le texte sans se heurter à une gauche hostile à un tel projet, et une bonne partie des centristes, l'UMP se retrouve quasiment seul face à tous le paysage politique et à toute la population, le « Dauphin » s’obstine et veut faire passer ce projet de loi, il use de l’article 49 alinéa 3 de notre Constitution afin d’engager la responsabilité du gouvernement, face à une assemblée hostile afin que sont texte puisse être voté malgré l’opposition. Son texte le sera en pleine nuit, alors que la majorité des opposants ont été retenus par leurs fonctions. Dehors, les manifestants réclament la suppression de ce contrat surnommé « Contrat Première Embrouille » ou encore « Contrat des Jeunes Éjectables », plus tard il deviendra, en s'adressant au Premier Ministre, le "Compte Pas sur l'Elysée". Le texte est voté et approuvé par le Conseil Constitutionnel, le Président de la République a un choix à faire, décrédibiliser son Premier Ministre en ordannant une relecture du texte, ou décrédibiliser tout le parti UMP et le gouvernement et en promulgant la loi, il choisira la dernière de ces solutions en opérant toutefois un changement mineure qui ne change pas grand chose : la période d'essais est rabaissée à un an, et le licenciement doit être accompagné d'un justificatif.
Cependant justificatif ne signifie pas que le licenciement soit fondé, l'employeur peut user de n'importe quel moyen pour licencier son employé, la période d'essais reste toujours trop longue, les manifestations continue, et, alors que le gouvernement fait débloquer par la force certains établissements scolaires pourtant bloqués pacifiquement, les grèves continuent et les manifestations se prolongent. Au final, le gouvernement finit par accepter le refus et retire son texte, il aura fallu attendre plus de deux mois de manifestations et de grèves pour que le gouvernement entende raison, et comprenne qu'il avait été totalement délégitimé par le peuple, qui désormais ne voit, dans sa plus grande majorité, qu'un gouvernement ne cherchant qu'à servir ses propres intérêt et à donner au travail une connotation d'esclavagisme et de profit au bénéfice du patron. le patronnat, à la suite de la modification opérée par le Président, n'a plus soutenu le projet du C.P.E. et du C.N.E., pour lui, ce n'était pas le contrat voulu.
On en vient donc à conclure que le législateur, pourtant représentant du peuple, ne fait plus les lois que le peuple attend, mais les lois qui l’intéresse, dans un but personnel, politique, ou pourquoi pas financier. À l’image de la définition initiale de la souveraineté nationale, cette dernière, dans la situation actuelle, n’appartient plus au peuple, mais à la Nation, les représentants ne semblent plus être ceux du peuple mais ceux de la Nation. En refusant d’écouter le peuple qui refuse les lois qui lui sont proposées, le législateur enfreint la Constitution et son article 3, il s’empare en quelques sortes de cette souveraineté, en n’exprimant plus la volonté du peuple dans ses lois, mais sa propre volonté.
C’est pourquoi, dans le but de la sauvegarde du bon fonctionnement de
la République , de ses institutions, et de préserver le peuple afin qu’il contribue à la pérennité de la démocratie, des mesures sont à prendre afin de replacer les institutions de
la Vème République leur avait attribué et d’assurer u peuple le rôle de détenteur de la souveraineté nationale, de législateur indirect.
Par ces motifs :
Article Premier : Lorsque le gouvernement émet un projet de loi, s’il se heurte à un mouvement massif et régulier de citoyens en contestation du projet, le Président de
la République doit décider de convoquer le gouvernement en Conseil des Ministres afin de discuter du projet, après quoi il décidera, ou non de soumettre le texte, pour avis au Conseil Constitutionnel.
L’avis rendu par le Conseil Constitutionnel ne s’impose pas au Conseil des Ministres, dirigé par le Président de
la République , qui peut décider d’aller à son encontre.
Le Conseil Constitutionnel devra statuer dans les huit jours suivant la réception du texte à examiner, et pourra tenir compte, dans son avis, des mouvements populaires qui ont amené à le saisir.
Après réception de l’avis du Conseil Constitutionnel, le Président de
la République décidera, en fonction des circonstances, de maintenir le projet ou de l’abandonner ou encore de soumettre le texte à référendum populaire prévu à l’article 11 de
la Constitution et de sa modification prévue à l’article 4 de la présente loi.
Article 2 : Si le gouvernement se heurte, sur deux années consécutives, à des mouvements massifs et réguliers de citoyens en contestation aux projets de lois, pour un nombre conséquents de projets de loi, lequel sera déterminé par décret (à un maximum de 6 projets), le Président de
la République demande la démission du gouvernement et choisit un nouveau premier Ministre pour former un nouveau gouvernement.
Article 3 : Les précédentes dispositions sont valables lorsqu’il s’agit de propositions de lois émanant de l’Assemblée Nationale. Lorsque le seuil fixé par décret de propositions de lois provoquant des mouvements massifs et réguliers de contestations aux propositions de loirs, le Président de
la République doit, aux termes de l’article 12 de
la Constitution , prononcer la dissolution de l’Assemblée Nationale.
Article 4 : L’article 11 de
la Constitution portera désormais les mentions suivantes dans ses dispositions :
« Le Président de
la République , sur proposition du gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal Officiel, ou lorsque le peuple français conteste massivement et régulièrement les projets ou propositions de lois, après avis du Conseil Constitutionnel puis délibération en Conseil des Ministres, peut soumettre au référendum tout projet de loirs portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à
la Constitution , aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions, ou toute autre loi ordinaire contre laquelle les français auraient manifesté leur mécontentement dans les conditions citées précédemment.
Lorsque le référendum est organisé sur proposition du gouvernement, celui-ci fait, devant chaque Assemblée, une déclaration qui est suivie d’un débat.
Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet de loi, le Président de
la République promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de la consultation.
Lorsque le référendum a conclu au rejet par les français de la loi antérieurement contestée, le Président de
la République convoque le Conseil des Ministres, ou fait passer un message à l’Assemblée nationale par le Premier Ministre, selon le cas, et annonce le rejet de la loi qui est abandonnée ou doit être modifiée »
Article 5 : Le Président de
la République devra convoquer le gouvernement en Conseil des Ministres pour discuter de la loi ayant provoqué des mouvements massifs et réguliers de contestation par les français même si la loi a déjà été votée en termes identiques par les deux assemblées et a été promulguée, dans ce cas, elle sera irrémédiablement abrogée. La loi votée et pas encore promulguée sera abandonnée.
Article 6 : Les députés, élus du peuple, ne peuvent se voir imposer l’engagement de la responsabilité politique du Gouvernement lorsque celui-ci, face à une hostilité Parlementaire, ne parvient à faire discuter et voter un projet de loi (abrogation l’article 49 alinéa 3 et de l’article 51 de
la Constitution ).
De même que le Sénat ne peut donner suite à la demande du Premier Ministre s’agissant de l’approbation d’une déclaration de politique générale. Le Premier Ministre n’a la faculté d’une telle demande qu’auprès de l’Assemblée nationale (Modification de l’article 49 alinéa 4 de
la Constitution ).
Article 7 : Dans la succession des évènements du calendrier électoral, les élections présidentielles seront précédées par les élections législatives, afin de ne pas subordonner l’orientation politique de la majorité parlementaire à celle du Chef de l’Etat.
Article 8 : S’agissant des révisions constitutionnelles, après un vote du Parlement, réunis en Congrès, à la majorité des trois cinquième du projet de révision, le texte est soumis à référendum populaire, afin que le peuple soit habitué à se rendre aux urnes, comme tel est le cas dans de nombreuses démocraties où le scrutin est souvent ouvert, et faire diminuer le taux d’abstention lors d’élection primordiale pour notre pays.